Le salarié, confronté à des conditions de travail difficiles, aspire souvent à quitter son emploi.

La démission est alors appréhendée comme l’unique moyen de parvenir au résultat escompté.

C’est oublier l’existence du mécanisme dit de la "prise d’acte de rupture".

Celui-ci présente l’avantage de nettement distinguer l’initiative de la rupture de celle de son imputabilité.

Concrètement, le salarié prend seul l’initiative de la rupture mais en se considérant comme licencié.

C’est dire que la rupture du contrat de travail sera présentée, par le salarié, comme étant devenue inéluctable à la suite des manquements graves et renouvelés de l’employeur.

Selon la gravité (et surtout la démonstration) des faits ainsi reprochés, la prise d’acte de rupture produira les effets, soit d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, soit d’une démission, comme cela fut rappelé dans une série d’arrêts de la Chambre sociale de la Cour de cassation du 25 juin 2003.

D’où l’importance de la précision des griefs avancés par le salarié dans l’acte matérialisant la rupture qui, comme en matière de licenciement, fixe les termes du litige de sorte que de nouveaux manquements ne pourront ultérieurement être utilement évoqués.