Dans son édition du 5 septembre 2008, le journal Libération se fait l'écho d'une demande de renvoi à un procès d'assises acceptée pour cause de ramadan.

L’ordonnance de renvoi du 2 septembre, signée par le président de la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine, indique simplement que le procès, qui devait s’ouvrir le 16 septembre devant cette juridiction, est renvoyé "dans le souci d’une bonne administration de la justice" après une demande des avocats de l’un des accusés.

Ces avocats ont fait valoir "les contraintes diététiques et les obligations cultuelles qui s’imposent" à leur client musulman, qui, du fait du ramadan, aura "déjà vécu 14 jours de jeûne" à l’ouverture de ce procès, de sorte que l'accusé "ne sera pas en pleine capacité de se défendre" dans un procès "dans lequel chacun des accusés doit pouvoir jouir de ses pleines capacités de vigilance d’attention et d’expression au cours des débats".

L'avocat de plusieurs parties civiles dans ce procès a affirmé de son côté que la cause du renvoi était bien le ramadan, et que "en aucun cas, quelque juridiction de la République que ce soit n’a à prendre en compte les considérations philosophiques, religieuses ou politiques des justiciables", a-t-il écrit dans un courrier au président de la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour s’opposer à la demande de renvoi.

Le ministère public ne s’est pas opposé au renvoi de cette audience, selon l’ordonnance.